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Il est un homme d’affaires russe, ancien PDG de IOUKOS / YOUKOS. Après avoir été la première fortune russe, il a été emprisonné en 2003 pour « escroquerie à grande échelle » et « évasion fiscale ». Après dix ans d’incarcération, il a été gracié par le président Vladimir POUTINE et libéré le 20 décembre 2013. Il vit à Londres depuis 2015.
Les crimes retenus par la justice
- Evasion fiscale massive via des zones offshore.
- Escroquerie en bande organisée.
- Vol de pétrole au détriment de l’État.
- Détournement de fonds via Menatep.
Pourquoi POUTINE l’a poursuivi
- Stopper le pillage des ressources nationales.
- Bloquer la vente de IOUKOS à ExxonMobil (USA).
- Sanctionner la corruption des députés russes.
- Restaurer l’autorité suprême de l’État.
En 1995, lors de la privatisation des entreprises russes par distribution de parts aux habitants, KHODORKOVSKI achète 33 % des actions du groupe pétrolier IOUKOS. Ensuite en 1996, à l’issue de l‘opération « prêt contre actions », mise au point par le « groupe de Davos » pour faire réélire Boris ELTSINE à la présidence, il participe aux enchères hypothécaires qu’il remporte via la société Montblanc du groupe Menatep (société écran et holding financière créée dans les années 1990 par la banque Menatep) face à un autre consortium du groupe Menatep composé de l’Inkombank (Volodia Vinogradov) de Vladimir Viktorovich VINOGRADOV, de l’Alpha-Bank (Mikhail FRIDMAN) et du Crédit russe (45 % des actions) pour 350 millions de dollars.
L’opération est critiquée car les deux seuls acheteurs autorisés par le pouvoir de Boris ELTSINE à participer aux enchères étaient des compagnies détenues à 51 % par la Menatep de KHODORKOVSKI. En 2004, la valeur de IOUKOS est estimée à 27 milliards de dollars, soit une multiplication par 75 par rapport au prix d’achat lors de cette vente controversée.
IOUKOS avait une dette d’environ 2 milliards de dollars. Mikhaïl KHODORKOVSKI considère avoir réussi à payer les salaires, à redresser les comptes de la société et à en faire un fleuron de l’industrie des hydrocarbures.
En 1998, lors de crise financière russe, le rouble s’étant écroulé, des milliers d’épargnants ont perdu les fonds qu’ils avaient placés dans sa banque comme dans d’autres institutions financières du pays. Mikhaïl KHODORKOVSKI affirme qu’il a remboursé ces épargnants au fil du temps.
Influence politique
Dans les années 1990, Mikhaïl KHODORKOVSKI fait partie du groupe des sept oligarques, appelés Semibankirchtchina, qui aide et finance la réélection de Boris ELTSINE en 1996
Il développe ses idées politiques dans Paroles libres, un livre qui contient ses articles, ses interviews et ses dialogues avec les écrivains Boris Akounine, Boris Strougatski et Lioudmila Oulitskaïa.
Dans une interview de 2013, il se dit « nationaliste dans une certaine mesure » et affirme être prêt, si besoin est, à combattre pour le maintien du Caucase du Nord au sein de la Russie : « C’est notre terre. Nous l’avons conquise. À l’heure actuelle, il n’y a pas au monde d’endroit qui ne soit conquis par quelqu’un. Eh bien, le Caucase du Nord, c’est nous qui l’avons conquis »
Affaire Ioukos
Investissements américains dans Ioukos.
Au début des années 2000, KHODORKOVSKI se rapproche des États-Unis : le groupe IOUKOS noue des alliances avec le groupe américain ExxonMobil. Le 22 avril 2003, IOUKOS et SIBNEFT (Roman ABRAMOVITCH) fusionnent.
En 2003, ExxonMobil et Chevron Texaco étaient supposés racheter la majorité des parts de IOUKOS dans le cadre d’un échange d’actions. Cette vente de parts de IOUKOS à hauteur de 20 milliards de dollars aurait placé l’une des plus importantes sociétés russes d’exploitation de ressources naturelles sous le contrôle d’investissements américains. En revanche, le nouveau groupe aurait acquis une stature internationale, donc un peu plus d’indépendance en Russie. Ce projet n’a pas vu le jour.
Accusations de malversations financières et condamnation
Début 2003, lors d’une réunion au Kremlin entre 20 oligarques et Vladimir POUTINE, KHODORKOVSKI dénonce la corruption au sommet de l’État et nomme des proches de POUTINE. Ce dernier lui rétorque : « M. KHODORKOVSKI, êtes-vous sûr d’être en règle avec le fisc ? – Absolument ! répond l’oligarque. – Eh bien, on verra. Réplique POUTINE »
Durant l’été qui suit, l’entreprise IOUKOS est soupçonnée de malversations financières. Le numéro 2 de l’entreprise pétrolière, Platon LEBEDEV, est arrêté par la justice le 2 juillet 2003. À la suite de cette arrestation, KHODORKOVSKI est entendu comme témoin. Trois mois plus tard, le 25 octobre 2003, il est arrêté à l’aéroport de Novossibirsk, en Sibérie.
L’avocate de Platon LEBEDEV, associé de KHODORKOVSKI, déclare qu’il est une victime politique pour s’être opposé au président Vladimir POUTINE.
Ce que l’avocate ne dit pas, c’est que le chef de la sécurité de la banque Menatep puis de IOUKOS, Alexeï PITCHOUGUINE, est condamné en 2005 à 20 ans de réclusion pour le meurtre de Sergueï GORINE, un dirigeant de la banque Menatep, et de sa femme Olga. En 2007, cette sentence est commuée en peine de prison à vie après qu’il eut été reconnu coupable de trois autres meurtres :
- Valentina KOMEÏEVA, une femme d’affaires moscovite qui avait refusé une vente immobilière à la banque Menatep ;
- Vladimir PETOUKHOV, le maire de Nefteïougansk (bâtie près d’un des plus grands gisements de pétrole de Russie), qui avait entamé une grève de la faim pour que IOUKOS paie ses impôts locaux ;
- Nikolaï FEDOTOV, chauffeur, tué dans l’explosion de la voiture d’Evgueni RYBINE — un manager de la compagnie East Petroleum (basée à Vienne) qui avait lancé plusieurs plaintes en justice contre IOUKOS (ce dernier s’en sort indemne car l’explosion s’est produite alors qu’il avait arrêté la voiture pour sortir acheter des fleurs).
Vladimir POUTINE a estimé que le chef de la sécurité de KHODORKOVSKI n’avait sûrement pas agi de sa propre initiative, concluant que ce dernier avait « du sang sur les mains » et avait « tué des gens pour protéger les intérêts économiques de sa compagnie ». Dans les faits, il n’est jugé coupable que de délits financiers (blanchiment, évasion fiscale notamment) et condamné à quatorze années de prison. Les avocats de KHODORKOVSKI (comme Robert AMSTERDAM) ont critiqué l’ingérence et les pressions du président dans le procès. Alors que le procès était en cours, POUTINE avait en effet affirmé que « tout voleur (devait) aller en prison ».
Tiré en partie du lien https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Khodorkovski